Je suis presque né dans les images : En région parisienne, mon père Paul était “dessinateur publicitaire”, il faisait des catalogues pour les bagnoles, les tracteurs et même les grues. Pendant les vacances, je l’accompagnais faire ses “marines” à l’huile et au couteau pendant que moi je barbouillais des galets de thérébentine. Remarqué au collège par mon prof de dessin, il n’y avait donc pas de contre-indications à ce que je fasse une école d’art.
Et là j’ai cumulé : Arts appliqués puis Beaux arts (environnement) et les Arts décoratifs (diplôme en 1973 en communication visuelle). Je payais mes études avec des piges comme photographe de presse. Pierre Bernard, mon professeur m’a ensuite recommandé à son maître affichiste polonais Henryk Tomaszewski… Chic, c’était reparti pour deux ans… Beaux-arts de Varsovie, en pleine crise du communisme. Il y a eu aussi Nouakchott (Mauritanie) où sous les drapeaux j’ai fait de la coopération culturelle dans un pays du Sahel sous pression du Polisario… Après, le même Pierre, m’engage à Grapus, un collectif de graphistes qui consacra l’essentiel de son travail aux images sociales et culturelles, refusant le merchandising…
Après deux années et l’envie de grandir seul, je rentre dans la presse nationale (L’Expansion, Le Matin de Paris, Révolution puis l’Usine Nouvelle) pour me consacrer à la maquette et à la direction artistique. Puis, le 1er avril 1981, je quitte tout pour m’installer à Lamastre (Ardèche), j’y deviens père, graphiste indépendant. Très rapidement, je m’installe à Valence. Formé à l’affiche, rodé à la presse plus qu’à la cause mercantile, avec un penchant prononcé pour les images à utilité publique, je cherche à m’imposer auprès des collectivités qui représentent encore aujourd’hui les
3/4 de mes revenus. Au fur et à mesure, se tissent des relations, de confiance, de partenariat où les problèmes de communication que rencontrent mes clients, se font miens.
Travailleur “libre-penseur”, je dispose d’outils (au fait la souris n’y fait rien) tels ma curiosité ou mon regard qui affutent mes convictions pour des réponses où formes et contenus sont étroitement liés. Mon métier s’apprend chaque jour, en ouvrant les yeux, en écoutant mes enfants ou la radio le matin et même en poussant le caddie (de temps en temps). Plus j’avance et plus j’ai de doutes… néanmoins, je retourne souvent aux préceptes du maître polonais, le sens, l’esprit de synthèse, et l’usage de la gomme pour effacer les “bavardages” graphiques inutiles. J’aime le travail en équipe, où en créateur ou interprête-traducteur, j’avance des hypothèses, pistes ou déjà idées qui font leur chemin… J’aime le moment où, avec une image, je bascule de l’autre côté : la “cible”, le lecteur, le consommateur, le récepteur pour tester, vérifier son impact, sa lisibilité, sa pertinence, sa faisabilité… Les formes de la communication ont changé et la “bonne” délivrance de messages est de plus en plus nécessaire. Par exemple, la signalétique a été considérée (trop souvent !) du seul point de vue technique. Dans un hôpital ou sur un sentier d’interprétation il y a des usagers, lecteurs qui ont des attentes précises qui évoluent, dont il faut tenir compte en permanence. Je suis prèt à relever d’autres défis, d’autres challenges pour demain, avec vous, pour eux.